dimanche 21 décembre 2008






Trouble's approaching my face (yes it does)
The lock is being broken by
An incomparable force (I'd say a menace).
Yes, it's slowly opening, like a birth,
like the creation of life, as if the entire 
door was the gate of existence - the eternal
Bond to a constantly moving universe.
I'm shivering (yes I do), because it's almost there,
Before my eyes. There's a noise, rejecting from itself any 
Possible description, rejecting all meanings I try to give
It. It makes me tremble more than the look of the lock,
Whick took, takes and breaks my fading bravery.
My, oh my, it's wide open and filled with smoke.

Far away in this reversed image, water shines in the sky 
And earth's raging down the air - laughing cats are playing
The bass guitar 
And books falling high from the stars (I swear it, I really do).
Thus far, I can't say I'm really surprised,
Desire had been pushing
The lock to show me,
And to tell you
That we could
Really (sure)
Escape.



lundi 15 décembre 2008




Sound of night
Ink of all
Meaningless past
Of thy burning light

Circles of snow
Ways to death
Squares of rain
Lines to grow

Movements they share
Writing down the stars
Present acknowledged
Looking for thy glare

-------------------------------

Yet Orpheus faces
Eternal punishment,
Turning back on
The growing shadow
Of the tempest strings,
Thy lyre is about to dance,
Cross
And crush the green
Riverbanks.


(Edition I)


jeudi 11 décembre 2008



  • " He couldn't help but feel he was wandering through Chaos; again and again..." 

                Aeroplane, Haruki Murakami


  • " Séjournant au temple, mon visage illuminé, contemple la Lune " 

               Cent onzes haïkus, Bashô


  • " Quand nous désirons quelque chose, l'univers entier conspire en notre faveur " 

               L'Alchimiste, Paolo Coehlo


  • " This feather stirs - she lives !

             If it be so, it is the chance which

             does redeem all the sorrows

             that I ever felt "                        

              King Lear, Shakespeare


  • " Il apprendra lui aussi... Nous ne savions pas que nous étions au Monde - Même exister cela s'apprend "            

              Le chevalier inexistant, Italo Calvino


  • " Par qui j'ai aimé

            Oubliée depuis longtemps

            sur mes manches tombe

            une pluie qui sait mon sort

            et jamais ne cessera "  

            Journal et Poèmes, Izumi-Shikibu


  • " Son regard est pareil au regard des statues,

             Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a

             L'inflexion des voix chères qui se sont tues "  

              Poèmes Saturniens, Paul Verlaine


  • " Tu es assis au bord du Monde,

             Et moi dans un cratère éteint.

             Debout dans l'ombre de la porte,

             Il y a des mots qui ont perdu leurs lettres. "  

              Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

 

" Je commence à être las du Soleil et souhaite que se casse la syntaxe du Monde, que se mêlent les cartes, les feuilles de l'in folio, les fragments de ce miroir du désastre. "                                                                                               

 Le Château des destins croisés, Italo Calvino




La Flamme d'une chandelle

  •  " La flamme nous force à imaginer "
  • " Un être rêveur heureux de rêver, actif dans sa rêverie, tient une vérité de l'être, un avenir de l'être humain "
  • " Tout rêveur de flamme est un poète en puissance. Toute rêverie devant la flamme est une rêverie qui admire."
  • " La flamme est un monde pour l'homme seul."
  • " La flamme illustre la solitude du rêveur; elle illumine le front pensif. La chandelle est l'astre de la page blanche."
  • " Où a régné une lampe, règne le souvenir."
  • " La flamme est un sablier qui coule vers le haut. Plus légère qu'un sable qui s'écroule, la flamme construit sa forme, comme si le temps lui-même n'avait toujours quelque chose à faire."
  • " Devant une flamme, dès qu'on rêve, ce que l'on perçoit n'est rien au regard de ce qu'on imagine."
  • " On ne lit plus dès qu'une lecture sollicite un rêve."
  • " La flamme bruit, la flamme geint. La flamme est un être qui souffre. De sombres murmures sortent de cette géhenne. Toute petite douleur est le signe de la douleur du monde."
  • " La poésie est un émerveillement, très exactement au niveau de la parole, dans la parole, par la parole."
  • " La page blanche ! Ce grand désert à traverser, jamais traversé."

 

La Psychanalyse du Feu

  •  " Quand il s'agit d'écrire des sottises, il serait vraiment trop facile de faire un gros livre."
  •  " Si tout ce qui change lentement s'explique par la vie, tout ce qui change vite s'explique par le feu."
  •  " Le feu couve dans une âme plus sûrement que sous la cendre."
  •  " Le rêve chemine linéairement, oubliant son chemin en courant. La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons."
  •  " Le rêve est plus fort que l'expérience."
  •  " L'amour n'est qu'un feu à transmettre. Le feu n'est qu'un amour à surprendre."

 

L'Eau et les Rêves

  •  " La mort de l'eau est plus songeuse que la mort de la terre : la peine de l'eau est infinie."
  •  " Au fond de la nature pousse une végétation obscure; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leur velours et la formule de leur parfum."
  •  " Dans la bataille de l'Homme et du monde, ce n'est pas le monde qui commence."
  •  " C'est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur."

 

 L'Air et les Songes

  •  " L'Homme en tant qu'Homme ne peut vivre horizontalement. Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute."
  •  " Imaginer c'est hausser le réel d'un ton."
  •  " Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez."
  •  " Allons chercher nos images dans l'oeuvre de ceux qui ont le plus longuement rêvé et valorisé la matière : adressons nous aux alchimistes."




Elle se cogna. Et encore, encore, et encore. Elle n’arrêtait pas de se heurter à ces murs décrépis, lavés par les averses du ciel triste. Ses pieds foulaient cette ruelle investie d’une neutralité effrayante, elle ne l’aiderait pas dans son tourment, elle était indifférente, c’est ça : la ruelle était indifférente. Sa respiration était forte, chaque inspiration était une douleur, chaque expiration tentait de parler aux murs, qui immédiatement, absorbaient un propos évanoui dès sa naissance. Les bruits de la ville la submergeaient, les klaxons, les moteurs, les conversations des passants, perceptibles au loin, étouffées par les parapluies. Cette pluie martelait le sol, le perçait en ondes qui engendraient d’autres ondes, et cela ne se terminait jamais.

Elle trébucha et tomba lourdement par terre. Au tapis d’eau s’étendant sur le sol, elle offrit l’eau qui perlait de ses yeux. Elle se releva péniblement et s’adossa à un de ces murs antipathiques, puis elle regarda une fois de plus ses mains teintées de rouge. Le sang ne voulait pas partir, le ciel avait beau laver la ville de ses péchés, il n’arriverait sans doute jamais à effacer celui ci. Les sanglots revinrent une fois de plus à cette vision. Le sang ne voulait pas partir. Et son esprit fut un pot pourri d’idées qui transmettaient la peur entre elles, comme si tout avait été contaminé par cette double trace rouge. Qu’allait elle traverser maintenant ? La police se mettrait elle à sa recherche ? Qu’allaient penser les autres, ses amis, sa famille ? Le monde avait basculé. Elle se tenait accrochée désespérément à un plan qu’elle avait éclaté, le paradigme de son existence était bouleversé. Et elle en était terrifiée. Les bruits s’estompèrent un peu autour d’elle, tout était devenu un peu plus calme, un peu plus mort.

Elle avait commis un meurtre, elle avait assassiné quelqu’un. Sa propre main avait abattu le poignard et déchiré la Vie. Elle claquait des dents et tremblait de tout son corps, pétrie par le froid et l’angoisse. Et elle s’exila dans le passé, elle nourrit son esprit de souvenirs doux, de réminiscences qui la réchaufferaient un petit peu.

Et le vent frais souffla dans ses cheveux tandis qu’elle faisait de la bicyclette avec son frère, suivant le sentier de la maison de campagne. Le pain tout chaud, la mie pleine de réconfort que sa mère lui tendait dans ses mains jointes. Et elle s’accroupissait pour embrasser ce petit bout de chou qu’elle aimait tant. Les tartes aux abricots à la pate croustillante qu’elle aimait tant manger au goûter. Elle se rappela la balançoire qui était derrière le vieux saule, le va et vient qu’elle faisait après dîner, baignée par la lumière du couchant. Puis les sorties dans les cafés avec ses amis de lycée, cette ambiance chargée de nostalgie - quand nous y repensons tous à un certain moment, notre seul péché refoulé par le passé, une envie qui liquéfie la chronologie (c’est cette chaîne de pensées, d’évènements et de fragments nostalgiques qui sont les fondements du flux de vie).

Le ciel gronda avec fracas, le bleu enlaça la terre et les immeubles. Le coup de tonnerre sonna encore comme un glas à ses oreilles, ses yeux se détournèrent de ce passé dans lequel elle s’était réfugiée un court instant. Elle re bascula dans la réalité avec violence, laissant le goût irrémédiablement illusoire des abricots confits dans sa bouche. Et elle le vit, cette grande silhouette mouvante de chaque instant, il était au fond de la ruelle, là ou celle ci débouche sur la rue. Le futur se tenait là, montrant ses trente-deux dents, vainqueur de l’incertitude, l’ultime avatar de l’instabilité. Notre poupée de chiffon se sentit écartelée par les chaines de la cause et de la conséquence, prise dans un engrenage qu’elle avait actionné malgré elle, et dont le mouvement était maintenant impossible à endiguer.

Elle se releva. De ses cheveux tombaient les gouttes du ciel triste, qui à leur tour s’écrasèrent sur le sol. Elle posa sa main sur le mur, et y laissa une trace rouge, comme l’on voit souvent de ces empreintes sur les parois des grottes préhistoriques. Mais cette empreinte là n’était pas le berceau de l’art, ni un témoignage de l’histoire, c’était la flaque verticale d’un esprit qui portait une culpabilité sans pareille. Le fardeau d’un meurtre.

Elle avança, lentement, vers le fond de la ruelle, et ne se retourna pas. Car elle savait très bien qu’elle ne pouvait pas faire demi tour, elle ne pouvait pas retourner d’où elle venait. Elle avait au moins appris ça, elle ne retournerait pas dans l’ombre. La pluie lui battait le visage. Elle avançait. Ses dents claquaient toujours à cause du froid démesuré. Elle avançait. L’espace vers lequel elle se dirigeait accueillerait les conséquences de son acte. Elle avançait. En définitive elle avança encore et encore. Et au creux de ses oreilles siffla le cri arraché par le poignard qu’elle avait jeté dans une poubelle un peu plus tôt. Et ses yeux se voilèrent de  l’image d’un cadavre étendu sur la moquette de la chambre à coucher se vidant progressivement de son sang. Elle se revit faire quelques pas en arrière, claquer la porte et courir dans les escaliers de l’immeuble comme pour échapper à une malédiction. Puis une voisine, alertée par le cri, entra dans l’appartement et y trouva un homme gisant dans un lac noirâtre. Elle avait crié à son tour, et avertissant les autres voisins, puis le concierge, les sirènes stridentes de la police n’avaient pas tardé à retentir dans tout le quartier. Ils se mirent activement à rechercher la compagne du mort, que le concierge n’avait pas vu sortir de l’immeuble. Ils cherchèrent, cherchèrent et cherchèrent des heures durant, puis l’un d’eux trouva la porte de service entrouverte. La pluie commençait alors à tomber. C’est une poupée de peur qui s’éloignait en courant, à travers ce dédale de ruelles,  tenant fermement l’arme à la main. Et elle se cogna, encore, encore et encore. Quelques murs entendirent un bruit d’acier retentissant dans une benne, puis leur silence fut troublé par cette femme qui courait, courait et courait encore. Rien à faire se dirent ils alors,  le sang ne partirait pas.